Teinture de la laine… ça redémarre !!

Les challenges ça donne des ailes !

Des envies de création ou d’évolution d’atelier, des idées… nous n’en manquons pas. Ce qui manque c’est le temps ! On garde ces envies dans un coin de notre tête… pour quand on aura le temps… ou, plus osé, on propose l’atelier (bien obligé de s’y mettre quand il est choisi !)

On se retrouve alors avec une proche venue de classe … avec une animation que l’on n’a personnellement jamais menée, qu’il faut entièrement créer ou améliorer ou ressortir des archives et mis au pied du mur,  » y’a plus ka  » réfléchir, tester, séquencer, re-tester… pour enfin sortir du chapeau une animation « habillée de frais » … et on aime ça !!

Or donc, il y a déjà un moment que nous voulions retravailler la teinture de la laine… (enfin moi en tout cas) mais toujours pareil : parer à l’urgence, et jamais le temps de s’y mettre. Et là, YOUPI ! , une institutrice de maternelle nous fait une demande en ce sens … pour dans 3 semaines … et à glisser au milieu d’autres préparations d’ateliers inédits ou sortant des sentiers battus… tous pour le mois de septembre. Donc du remue-méninge il y allait en avoir !

Chacun son truc : Je ne parlerais pas pour mes petits camarades, mais moi, les couleurs, le patouillage, les tests (réussis c’est mieux mais il y a aussi les ratages…), bref le côté empirique et les expériences de mixtures j’adore ça ! Cet atelier, l’était pour moi !! J’entends déjà les professionnels me dire que la teinture c’est tout sauf hasardeux… Oui… mais bon, faut bien commencer quelque part … et certains dans l’équipe vous dirons que je n’ai pas la bosse des maths donc peser, calculer la bonne dose de plantes ou de mordant pour tel poids de laine… arf, ça ne m’amuse plus : Vive la pifométrie !

Je fouille dans les archives (parce que cet atelier était proposé il y a à ouhhh), on discute entre nous, je cherche sur internet, (un grand merci pour sa réponse fulgurante (a répondu dans la 1/2 h qui suivait !) et efficace à Gregory Marchand, teinturier, pour ses précieux conseils, et pour l’excellent site http://lesfilsdutemps.free.fr/ qui donne de grosses envies de suivre un stage) et me voilà parti à tester des mixtures.

Après renseignements pris dans nos documents divers et sur différents sites sur le sujet, je m’aperçois que tout est question de chimie, de dosage, de température de cuisson… Aïe… approche très scientifique, (trop pour moi… cf plus haut, re-vive la pifométrie !)

Pas grave, je vais improviser : L’oxyde de fer peut jouer sur certaines couleurs… j’ai bien quelques vieux clous rouillés. Un peu de vinaigre blanc aussi ! je ne sais pas quelle réaction chimique ça provoque, mais à la lecture de différents articles il semble que ça aide à fixer ou rehausser certaines couleurs aussi. Donc je ferais des essais avec, et sans… De l’alun pour mordancer, ah, ça on a déjà ! Et surtout : éviter les chocs de température pour ne pas feutrer la laine. Bon… on va y aller en douceur alors, mais non sans enthousiasme !

Hop, laver la laine … jusque là fastoche !

Le bain de mordançage : Lecture de la notice (qui a dit que je n’étais pas précise ??) : Rajouter XXg pour XX quantité de laine (me souviens déjà plus des chiffres). Ok… alors voyons, j’ai à peu près un tas de laine gros comme ça (hihi… ) c’est pas lourd… je vais ajouter l’équivalent de 2 c. à soupe (l’alun c’est pas lourd non plus) + 1h de cuisson. Essorage en douceur (presser sans tordre)

Et maintenant on joue au teinturier en herbe : Me voilà parti dans toute la ferme pour récolter ce qui me tombera sous la main. J’ai commencé par les grands classique comme l’oignon, les baies de sureau et de mûres… puis je me souviens que dans la friche, il y avait du gaillet gratteron (ou  » garance voyageuse  » m’avait dit Mallory) car les racines donnent un joli rouge. Déception : plus rien… les ânes, chèvres et moutons étaient passés par là !! Même pas vexée, au passage j’ai trouvé du lichen.

J’écrase les baies, je découpe les peaux d’oignons, je ne rince pas le lichen, (il faut ???) et je fais bouillir joyeusement dans mes casseroles jusqu’à obtenir des couleurs qui me conviennent (il vous faut un temps précis ???… ) A cette occasion j’ai compris pourquoi lorsque Mallory faisait ses expériences de teintures on l’appelait « la sorcière » : Des marmites, des casseroles avec de drôles d’odeur, des plantes partout, des décoctions de couleurs bizarres, des vieux clous rouillés…

Bref, trop contente du résultat (déjà y’avait un résultat… même si parfois surprenant !) j’ai ensuite commencé à piller le jardin et la cuisine pour essayer pleins de matériaux différents : du lierre, du pommier, de la fougère, des noix, du thé, du curcuma, … En photos mes différents essais, avec plus ou moins de cuisson, avec vinaigre ou pas, avec clous rouillés ou pas… et à mon avis ce n’est que le début : j’ai envie d’essayer plein de choses au fil des saisons !
Oyé Oyé… L’atelier « Teinture de la laine » est relancé !!!(Les temps indiqués sont ceux de la « cuisson » de la laine. Pour les bains de teinture, je n’ai hélas pas toujours regardé l’heure… mais « calculé à vue » en fonction de la couleur qui semblait apparaître… hum… dur pour refaire la même couleur… Du coup, je commence à comprendre pourquoi il va me falloir être plus méthodique )
La suite avec un article à venir sur la journée avec la classe de maternelle… histoire de voir comment toutes ces expérimentations ont pu être condensée en 1h !
Il est fait… c’est ici : le mystère de la teinture

Sinon dans les projets de test : betterave, écorces d’avocat, fleurs de rose trémière, écorce de bouleau, feuilles de bouleau, racine de rumex… et plus si affinités !

Teinturièrement vôtre ! Frédérique